News

Discours de Brigitte Artmann à la manifestation à Tihange le 15 Mars 2015

Chers amis antinucléaires de Belgique, du Luxembourg, des Pays-Bas et d’Allemagne !

L’association antinucléaire d’Aix-la-Chapelle m’a demandé de  réunir ici  auprès de la centrale nucléaire de Tihange au bord de la Meuse, la résistance antinucléaire de l’ouest avec celle de l’est. Les centrales nucléaires contre lesquelles j’ai protesté précédemment ce sont celle de Temelin en Tchéquie et celle de Cattenom en France. Ce que je vous dis aujourd’hui est mon avis personnel en tant que membre allemand de  « Nuclear Transparency Watch », une initiative fondée au départ du Parlement Européen afin de promouvoir la participation du public et la transparence dans le domaine du nucléaire. A cette fin nous organisons des réunions de travail avec le public, avec la Commission Européenne, avec le politique,  la surveillance nucléaire et des gouvernements dans toute l’Europe. Notre rapport sur la protection contre catastrophes sera bientôt donné à la Commission Européenne.  Un rapport sur les sites de stockage définitifs des déchets nucléaires suivra. Une protection contre les catastrophes dépassant les frontières d’un pays n’existe pas. En septembre 2014 un exercice de la protection civile allemande a raté complètement.  La centrale nucléaire de Lingen avait explosé.  Le nuage était déjà au-dessus de l’Europe avant que la direction de la protection civile ne sache comment fonctionne un téléphone. La « fallout » le plus important aurait été dans ma région natale « Oberfranken », à une distance d’environ 430 km de Lingen.  Tihange se trouve à 480km de chez nous.

Nos revendications les plus urgentes pour Tihange et Doel sont les suivantes.

  • Au contraire de l’Allemagne, le gouvernement belge pris la décision de prolonger la durée de vie des trois réacteurs les plus anciens.  Ce n’est pas une décision sage.  L’Allemagne prouve qu’il est possible d’arrêter le nucléaire à court terme.  Pourquoi la Belgique ne suit-elle pas ?
  • Suite à la décision politique de la prolongation de la durée de vie de Doel 1 & 2 ainsi que Tihange 1, il appartient à l’AFCN de définir les mesures de mise à jour nécessaires afin d’élever le niveau de sécurité à un point acceptable après la catastrophe de Fukushima.  Est-ce-que l’AFCN va exiger de l’opérateur de la centrale de prendre toutes les mesures citées dans les « stress tests » et dans le programme opérationnel à long terme ?  Ou bien est-ce-que l’AFCN va céder afin de réduire la sécurité à la faveur de la réduction des coûts pour Electrabel ?
  • La convention “Espoo“ exige que préalablement à la décision de prolongation de la durée de vie d’une centrale, une étude d’impact sur l’environnement ainsi qu’une enquête publique dépassant les frontières soit réalisée. Jusqu’à présent le gouvernement belge et l’AFCN n’ont pas l’intention de réaliser une vérification de l’impact sur l’environnement ainsi qu’une enquête publique.  Les personnes de Belgique, du Luxembourg, de France, des Pays-Bas ainsi que d’Allemagne sont mises en danger par les trois vieux réacteurs dont la technologie date des années septante.   Exigez de vos gouvernements qu’ils vous laissent participer dans votre langue maternelle à la procédure de prolongation de la durée de vie !
  • L’AFCN prendra également une décision sur le sort de Doel 3 et Tihange 2 comportant des milliers de fissures dans les cuves des réacteurs : est-ce qu’elle agira encore comme le « doudou » d’Electrabel ou est-ce qu’elle sera réellement le « chien de garde » pour la sécurité nucléaire qu’elle devrait-être.

Electrabel veut rebrancher Doel 3 et Tihange 2 sur le réseau « coûte que coûte » Il est à craindre que l’agence de contrôle nucléaire belge faillisse de nouveau. Aujourd’hui nous sommes présent ici  belges,  néerlandais, luxembourgeois, français et allemands. Nos frontières ne sont pas tracées entre les états, mais uniquement entre profiteurs et privilégiés de la mafia nucléaire et ceux qui doivent subir l’énergie nucléaire soit « seulement » financièrement soit comme victimes futures ou actuelles délibérément acceptées. ET IL S’AGIT DE NOUS TOUS.  L’explosion des réacteurs de Fukushima a de nouveau montré que l’énergie nucléaire n’est pas gérable. Battons-nous ensemble pour éviter un Fukushima au cœur de l’Europe. Les rayonnements ne connaissent pas de frontières, notre résistance non plus.

STOP Temelin –   STOP Doel – STOP Tihange!