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L’ancien directeur de l’organe allemand de contrôle des installations nucléaires, Monsieur Dieter MAJER, qualifie le redémarrage éventuel des réacteurs nucléaires de Doel 3 et Tihange 2 d’irresponsable

Le 7 février 2013 l’Agence Fédérale de Contrôle du Nucléaire , l’AFCN, a publié des rapports à propos les failles dans les réacteurs de Doel 3 et Tihange 2. Ces rapports comprennent des questions restées ouvertes et soulignent le manque de preuve de l’intégrité structurale de la cuve de ces réacteurs. Néanmoins, l’AFCN arrive à la conclusion que «… les questions en suspens ne nécessitent pas un arrêt définitif des unités de Doel 3 et Tihange 2. » (Note technique du 1 février 2013, p.2)

Pendant l’été 2012 des milliers de défauts ont été trouvés dans les cuves de ces deux réacteurs, où il règne une température de 300° Celsius sous une pression de 150 bar. Dans le réacteur de Tihange 2 Electrabel découvre plus de 2.000 failles et dans celui de Doel 3 beaucoup plus que 8.000. Elles ont une taille moyenne de 1 cm pouvant aller jusqu’à 2,4 cm de long. Depuis ces découvertes, les deux réacteurs sont resté à l’arrêt et l’exploitant Electrabel ainsi que l’organe de contrôle AFCN mettent tout en œuvre pour redémarrer les deux réacteurs. Au début de février les rapports de l’opérateur Electrabel, des deux commissions d’experts, la nationale et l’internationale, et de l’AFCN ont été rendu publics.

Ces rapports constatent ceci:

  • L’origine des fissures ne peut pas être détectée.
  • La structure des défauts ne peut pas être détectée.
  • La documentation du constructeur est incomplète et contradictoire.
  • Le document de réception n’est pas accompagné d’un échantillon du matériel d’origine de la cuve du réacteur.
  • Le matériel utilisé en substitution n’a pas subi le processus de vieillissement (ni le bombardement neutronique ni la charge thermique), mais il est du même alliage.
  • Le procédé à ultrasons employé pour tester la cuve du réacteur n’a pas est validé.
  • La vérification de l’intégrité structurale de la cuve du réacteur ne tient pas compte des phénomènes de vieillissement accéléré de l’acier sous l’influence du stress thermique et du bombardement de neutrons.
  • La vérification de l’intégrité de la structure de la cuve du réacteur ne répond pas aux normes existantes.

L’opérateur Electrabel recommande maintenant de réduire la charge des réacteurs même en période d’exploitation ordinaire. Il prévoit

  • la réduction du bombardement
  • et le ralentissement du démarrage et de l’arrêt de ces réacteurs.

M. Majer déclare à ce propos: «Tout cela donne à penser que les responsables sont d’avis que ces installations ne sont plus dans un état sûr. »

M. Majer est un expert éminent des questions de sécurité des installations nucléaires. Il a dirigé pendant treize ans l’organe de contrôle des installations nucléaires en Allemagne.

En outre, il a souligné qu’on ne peut pas vérifier la qualité d’un composant d’un réacteur, s’il n’a pas été suffisamment documenté lors de la construction. « Ici, vous devez faire confiance à la documentation établie lors de la construction. Et si vous ne l’avez pas, alors on peut seulement dire que nous avons un problème énorme. J’ai eu un cas dans la centrale nucléaire allemande de Biblis, où nous avons faire éjecter un élément parce que la documentation à son sujet était incohérente.  »

En résumé, explique Dieter Majer: « Il faut constater qu’un redémarrage d’un de ces réacteurs ne peut pas être justifié sur base du dossier qui est à notre disposition. »

En outre, la question se pose à quel point une agence de contrôle dirigée par Jan Bens peut être indépendante d’Electrabel. M.Bens est depuis le début de janvier 2012 le dirigeant responsable de l’AFCN. Lors de la construction de Doel 3, il était occupé par Electrabel dans des postes de haute responsabilité dans les domaines de l’exploitation et de la sécurité de ce réacteur (1979 – 1985). A partir de 2004, Jan Bens devient même le chef de toute la centrale nucléaire de Doel au service d’Electrabel.

Puis, en 2007, il s’installe à la WANO (World Association of Nuclear Operators), qui est l’association qui défend les intérêts des exploitants de centrales nucléaires au niveau international, leur lobby. « Avec Jan Bens à l’AFCN, on a mis le loup dans la bergerie» observe Inge Gauglitz de l’Aachener Aktionsbündnis gegen Atomenergie.
De nombreux citoyens des régions avoisinantes les centrales nucléaires de Doel et de Tihange manifesteront leur peur et leur indignation dans les rues de Huy lors d’une manifestation qui regroupera le 10 mars prochain Wallons et Flamands, Néerlandais et Allemands unanimement contre l’énergie nucléaire.