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Qu’est-ce que l’AFCN –le contrôleur du nucléaire belge- veut nous cacher?

À 30 km à l’ouest de Liège (et près des villes de Tongeren, Aachen et de Maastricht) se trouvent les trois réacteurs nucléaires de Tihange. Tihange 2 et Doel 3 (à Anvers) sont à l’arrêt depuis l’été 2012. Lors d’une inspection décennale, des milliers de failles jusqu’à 2,4 cm de long ont été découvertes dans l’enveloppe en acier épaisse de 20 cm des cuves des réacteurs de Tihange 2 et Doel3.
L’Aachener Aktionsbündnis gegen Atomenergie (Alliance d’Action contre l’Énergie Nucléaire d’Aix – ci-après nommé „l’Alliance ») a entamé des recherches approfondies à propos de ces failles. Lors de ses recherches, il est apparu à maintes reprises que des informations manquent. Pour cette raison, l’Alliance a envoyé un questionnaire de plus de 60 points à l’AFCN, l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire.

En particulier, l’Alliance a voulu tenir compte dans ses recherches du positionnement et des dimensions exactes des fissures ainsi que des dimensions exactes des cuves sous haute pression (150 bar) des réacteurs. L’Alliance a l’intention, après l’envoi de ces données et de données complémentaires éventuelles par l’AFCN, de charger d‘autres experts d’évaluer le niveau de sécurité de la cuve de chacun des deux réacteurs.

Les questions concernant le positionnement des fissures et des dimensions exactes des cuves de ces réacteurs ont été transmises à l’AFCN en novembre 2012. Ce n’est qu’après des demandes répétées, que l’AFCN a maintenant répondu qu’elle n’a pas l’intention de divulguer ces informations. Ce refus est contraire au droit international.

La façade de transparence exhibée par l’AFCN jusqu’à ce jour montre à son tour d’importantes fissures. Il est évident qu’en ce qui concerne les questions réellement sensibles l’accès aux informations est entièrement refusé.

« Un contrôleur du nucléaire devrait être intéressé à ce que des experts indépendants puissent répéter ses calculs et arriver aux mêmes conclusions que lui. Alors, pourquoi de telles données fondamentales ne sont-ils pas divulguées? La seule explication plausible est qu‘ici quelque chose doit être voilée. « constate Walter Schumacher de l’Alliance.

L’Alliance est actuellement en relation avec des avocats pour se préparer à d’éventuelles démarches judicaires. Une des variantes possibles serait une plainte dans le cadre de l’article 4 de la Convention d’Aarhus. La Convention d’Aarhus a déjà été ratifiée par la Belgique en 2003.